Cet ancien fleuron de l’horlogerie française a exploité un site à Montbrison dans les années 80

La récente ouverture du groupe scolaire Brillié a rappelé que la société levalloisienne a exploité une usine dans la sous-préfecture de la Loire dès le début du XX e siècle. Ses horloges, référence de précision, ont équipé et équipent encore de nombreux monuments, dans le Forez et en France.

Le patrimoine se remet à l'heure Brillié

Si d'aventure vous veniez à prendre un train en gare des Bénédictins à Limoges, gare de l'Est ou gare Montparnasse à Paris, en gare de Saint-Étienne-Châteaucreux ou encore à Montbrison, ou si vous cherchiez l'heure dans le hall de l'Institut national des sciences appliquées (Insa) à Lyon ou encore si vous veniez à passer devant l'Hôtel-de-Ville d'Agen, prenez quelques secondes pour admirer l'un des vestiges du patrimoine montbrisonnais.

Une référence de l'horlogerie française

Tous ces bâtiments sont en effet équipés d'une horloge Brillié, un nom qui fut une référence de l'industrie horlogère française au siècle dernier et qui a longtemps exploité un site de production dans la sous-préfecture de la Loire. Une exposition, réalisée par la Ville de Montbrison et visible ce samedi, en mairie, à l'occasion des Journées du patrimoine, permet de revivre la saga d'une entreprise créée en 1897 ou 1898 à Levallois-Perret par deux amis, Charles Vigreux et Lucien Brillié.

La société est à l'origine de l'application de l'électricité à l'horlogerie monumentale. Grâce à cet ingénieur né dans une famille originaire de l'Yonne, finie la corvée qui imposait le remontage manuel des poids par des cordages. Les deux hommes développent par ailleurs un système de distribution de l'heure basé sur le principe d'une horloge mère (ou régulatrice, ou émettrice) fonctionnant avec un balancier à impulsions électromagnétiques, capables de piloter tout un réseau d'horloges filles (ou secondaires, ou réceptrices).La

fabrication de l'horloge parlante en 1933

La grande précision et la régularité parfaite de ce système assure le développement et la prospérité de l'entreprise pendant un demi-siècle. La Société nationale des chemins de fer (SNCF), les Postes, télégraphes et téléphones (PTT), des industriels comme Michelin, Casino ou Peugeot vont devenir clients d'une société qui, dans les années 60, « contrôle 80 % du marché français de l'horlogerie industrielle et emploie près de 300 personnes sur ses deux sites de Montbrison et Levallois-Perret », précise l'un des panneaux d'exposition.

Brillié s'était implantée dans le Forez aux prémices du premier conflit mondial. Le site montbrisonnais a connu son heure de gloire après la Seconde Guerre mondiale, entre 1950 et 1970, alors qu'il employait une cinquantaine de salariés.

Brillié s'était implantée dans le Forez aux prémices du premier conflit mondial

En 1933, les Ateliers Brillié frères (qui ont perdu Charles Vigreux, décédé en 1908, et ont accueilli Henri, l'un des frères de Lucien disparu lui en 1911), s'étaient fait une réputation en créant la première horloge parlante optique de l'Observatoire de Paris, sur une idée du directeur de l'époque, Ernest Esclangon. Elle est encore en service en France en composant le 36.99.

La première horloge parlante magnétique, elle, a équipé les bases militaires françaises et de nombreux centraux téléphoniques dans le monde entier. Leurs créations ont fourni la plupart des grandes administrations, les ports, les écoles, les églises… D'où les nombreuses horloges encore visibles dans plusieurs lieux publics de l'Hexagone.

Les Ateliers Brillié ont compté près de 300 salariés avant que n'apparaissent les premières difficultés en 1974. La conjoncture économique et l'apparition de l'électronique dans l'horlogerie ont poussé l'entreprise jusqu'au redressement judiciaire. Elle a fini par se scinder en deux entités en 1981 : la SA Brillié systèmes à Levallois qui a disparu en 1987 et la Société coopérative de production (Scop) Brillié à Montbrison, reprise en 1996 par la société iséroise Gorgy timing. Le groupe scolaire inauguré à la dernière rentrée, sur le site de l'ancienne usine, perpétue un nom qui fut connu dans le monde entier.

Des traces visibles un peu partout dans le Forez

Sachez enfin que les fameuses et réputées horloges Brillié sont également visibles à plusieurs endroits dans la sous-préfecture de la Loire (sur la façade de l'Hôtel-de-Ville, place Grenette, au fronton du palais de justice, place Eugène-Baune, près du Pont Saint-Jean, au collège Victor-de-Laprade ou encore rue de la République…), dans l'ancienne gare de Champdieu, à la maison de retraite de Saint-Jus-Saint-Rambert…

Sachez également que c'est aussi à Brillié que nous devons l'invention des systèmes de contrôle et de gestion des parkings publics et privés, de protection contre le vol et l'intrusion, d'extinction de l'éclairage public et… les horodateurs qui équipent nos rues.

À voir. Samedi 17 septembre de

10 à 12 heures et de 14 à 17 heures. Cette exposition sera prolongée jusqu'au vendredi 14 octobre. Accès libre aux horaires d'ouverture de l'Hôtel-de-Ville.

MONTANIER, Rodolphe

Le Pays (15-09-2016)

  • MONTBRISON: Cloches, sonneurs et sonneries
  • BRILLIÉ, FRÈRES (LEVALLOIS-PERRET) : Inventaire d'horloges
  • Horloges: Bibliographie

     

  • Retour à la page précédente
  • Menu de démarrage CAMPANERS DE LA CATEDRAL DE VALÈNCIA
    Campaners de la Catedral de València
    © Le Pays (2016)
    © Campaners de la Catedral de València (2026)
    campanerscatedralvalencia@gmail.com
    Mise à jour: 12-05-2026

    Connectats: 61 Visitants: 60 Usuaris: 1 - francesc